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Santé mentale au travail : passer du constat à la prévention avec Moodwork

Par Ines Achi
Santé mentale au travail : passer du constat à la prévention avec Moodwork


La santé mentale prend une place croissante dans les politiques RH. Pour autant, les entreprises peuvent encore rencontrer des difficultés à structurer leurs actions dans la durée, entre prévention, sensibilisation et accompagnement des collaborateurs.

C’est précisément sur cette approche que travaille Moodwork, qui accompagne aujourd’hui environ 150 entreprises et 600 000 collaborateurs, dont 100 000 utilisateurs actifs chaque mois, selon les chiffres communiqués par Benjamin Brion, cofondateur de Moodwork.

Dans cet entretien, il revient sur les principaux enjeux rencontrés par les organisations : la coordination des différentes parties prenantes, le passage d’une logique curative à une démarche de prévention, l’utilisation de la donnée pour mieux comprendre certaines situations et l’importance de préserver la confidentialité des collaborateurs.
Une approche qui associe psychologie du travail, outils d’auto-évaluation, accompagnement par des professionnels et données, avec l’objectif de permettre aux entreprises de mieux structurer leurs démarches de prévention.

Moodwork : une approche structurée de la prévention

Pour Benjamin Brion, l’un des enjeux actuels est de passer d’actions parfois ponctuelles à une démarche plus globale.
Les entreprises peuvent déjà proposer différentes initiatives autour du bien-être ou de la prévention. La difficulté réside notamment dans leur coordination et dans la capacité à faire travailler ensemble les différentes parties prenantes : direction, RH, partenaires sociaux et management.
Moodwork accompagne les entreprises dans cette structuration, avec une démarche qui commence par l'analyse de l'existant avant de s'appuyer sur des actions de sensibilisation, de formation et d'accompagnement.
Pour Benjamin Brion, trois dimensions sont particulièrement importantes : faire évoluer les mentalités, coordonner les acteurs et donner les moyens nécessaires à la démarche.
Le premier changement consiste notamment à renforcer la place de la prévention.

« On va investir sur quelque chose dont on ne va pas forcément voir les résultats tout de suite. »

Cette logique implique de considérer la santé mentale comme un sujet qui se travaille dans la durée, et pas uniquement lorsque des difficultés apparaissent.

Mesurer pour mieux comprendre

La question des indicateurs occupe également une place importante dans l'approche de Moodwork.
Au-delà de l'absentéisme, plusieurs données peuvent être suivies autour du bien-être global, du niveau de stress ou encore du risque de difficultés professionnelles.
La plateforme permet également de proposer des outils d'auto-évaluation directement aux collaborateurs. Ceux-ci peuvent notamment porter sur le bien-être, le sommeil, les émotions ou les addictions.
Pour Moodwork, ces outils permettent à la fois au collaborateur de mieux comprendre sa situation et à l'entreprise de disposer, dans un cadre défini, d'une vision plus fine des tendances observées.
L'analyse des échanges avec les professionnels accompagnant les utilisateurs peut également contribuer à faire émerger certaines tendances, tout en respectant les règles de confidentialité.

Une démarche qui associe technologie et accompagnement humain

L'approche de Moodwork ne repose pas uniquement sur une plateforme numérique.
L'accompagnement comprend également des psychologues, coachs et assistants sociaux, ainsi que des contenus et parcours personnalisés.
Pour les entreprises, la démarche peut commencer par un diagnostic des dispositifs existants, puis se poursuivre par des actions de sensibilisation aux risques psychosociaux auprès des partenaires sociaux et du top management.
Les managers peuvent également être formés. Moodwork propose notamment une formation certifiante d'environ 1h20 consacrée aux risques psychosociaux.
L'objectif est de créer progressivement un cadre commun de compréhension et d'action autour de ces sujets.

La confiance au cœur du dispositif

Dès lors que la santé mentale et les données individuelles sont concernées, la confidentialité constitue naturellement un enjeu central.
Moodwork indique respecter le cadre RGPD applicable. Mais pour Benjamin Brion, la confiance passe aussi par l'information et la pédagogie.
Lors du déploiement de la plateforme, les collaborateurs peuvent ainsi être accompagnés dans sa découverte par un psychologue du travail ou un psychologue clinicien, qui présente notamment les modalités de prise en charge et les règles de confidentialité.
L'ambition est de positionner Moodwork comme un tiers de confiance, indépendant de la direction et du management.

Une approche adaptée aux différents environnements de travail

Les problématiques rencontrées peuvent différer selon les métiers et les populations.
Moodwork a ainsi adapté son approche à différents environnements professionnels, avec notamment des versions destinées aux ouvriers et techniciens, personnels soignants, employés de bureau, managers et top managers.
Benjamin Brion souligne également des différences d'usage selon les secteurs. Dans certains environnements, la communication autour du dispositif peut être plus complexe. Dans d'autres, notamment dans des entreprises en pleine transformation, les collaborateurs peuvent davantage s'approprier ces outils.

Aujourd'hui, Moodwork accompagne environ 150 entreprises, représentant près de 600 000 collaborateurs, dont 100 000 utilisateurs actifs chaque mois.
Ces données témoignent du développement des démarches numériques de prévention de la santé mentale en entreprise, mais aussi de l'importance d'une approche qui associe données, prévention et accompagnement humain.
Pour les directions RH, l'enjeu est désormais de pouvoir inscrire ces démarches dans la durée, en trouvant un équilibre entre compréhension des situations, prévention, accompagnement et confiance des collaborateurs.

Étiquettes: Health & Wellbeing

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